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20 avril 2026

L’Été où je suis morte – Entretien avec Nora Lake et Cécile Guillot

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A l’occasion de la sortie de L’Été où je suis morte le 22 avril prochain, Nora Lake et Cécile Guillot reviennent sur l’écriture de ce nouveau roman à quatre mains !

Vous avez chacune des univers bien marqués  entre le goût du vintage et de l’insolite pour Cécile, et l’héritage gothique et mélancolique de Nora. Comment s’opère la fusion de vos plumes lors de l’écriture à quatre mains ?

Cécile : Nous adorons toutes les deux les histoires d’horreur LGBT et féministes, ainsi que les ambiances gothiques, alors la fusion se fait naturellement sans vraiment qu’on ait besoin d’y réfléchir. Ensuite, bien sûr, chacune ajoute sa petite patte. Par exemple Nora a introduit les thématiques des fées et des relations toxiques, et moi celles de la musique et de la confiance en soi. Et puis, il y a les champignons, c’était mon idée, mais c’est parce que je sais que Nora est fan, cela aurait été impensable de ne pas en mettre !

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur l’intrigue ?

Nora : Nous retrouvons Amy qui revient au camp de vacances auquel elle se rend depuis sept ans, et Sadie qui arrive pour la première fois. L’année dernière, Hannah, l’une des filles du camp, a disparu. Entre folklore féérique et légendes locales macabres ; Amy et Sadie vont essayer de comprendre ce qui s’est passé et ce que cache la forêt. 

Le camp de vacances, avec ses lacs et ses forêts, est un décor classique du cinéma d’horreur américain. Pourquoi avoir choisi Hollow Pines comme théâtre de ce drame à l’ambiance oppressante ?

Nora : Je rêvais d’écrire sur un camp de vacances en Oregon depuis des années ! J’adore la vibe des grands espaces naturels avec les lacs, les sapins, les cabanes en bois… alors j’ai proposé le projet à Cécile, et elle m’a rejoint avec joie ! Nous avons travaillé le synopsis ensemble pour tisser nos deux ambiances, et les années 90 sont arrivées naturellement dans la conception du récit.

Hannah, la disparue, croyait passionnément aux fées. Dans votre récit, le folklore semble être une porte d’entrée vers l’effroi plutôt que vers le merveilleux. Vouliez-vous réhabiliter la dimension « sombre et cruelle » des contes de fées originels à travers cette quête de vérité ?

Cécile : Je n’ai pas vraiment réfléchi à ça, mais j’avoue aimer explorer le côté sombre de ce qui est souvent considéré comme beau par la plupart des gens. J’aime ce qui est duel – ce qui peut être à la fois doux, délicat, et noir, cruel, douloureux. Comme les fées.

Nora : J’adoooore l’esthétique des contes de fées macabres. Quand le merveilleux flirte avec l’horreur. Pour moi, les fées n’ont jamais été de jolies petites créatures ; et je me suis éclatée à les imaginer cruelles. Cela rentre parfaitement dans la catégorie du « dark cottagecore » et je me noie dans les images Pinterest à ce sujet. J’aimerais tant lire davantage de romans avec des fées méchantes !

Amy est hantée par un secret, Sadie est une adolescente taciturne et solitaire. Ces deux personnages forment un duo puissant, presque une « alliance de survie« . Comment avez-vous construit cette dynamique entre elles pour porter l’enquête tout en explorant la complexité de l’amitié féminine ? 

Cécile : C’est assez drôle, parce qu’au départ nous avions prévu tout autre chose mais finalement, nos personnages se sont imposés à nous ainsi et n’en ont fait qu’à leur tête ! Mais finalement, comme dans Les Filles de Witch Hazel House, c’est la bienveillance et l’acceptation des différences qui rendent les personnages plus forts, capables de se dépasser – d’affronter leur part d’ombre ou de trouver leur lumière.

Nora : Je crois que leur amitié est aussi un moyen pour elles de faire face à l’horreur de la réalité. Au-delà de l’acceptation de leurs différences, il était profondément nécessaire pour elles de ne pas être seules face à ce qui arrive (le deuil, et ne pas pouvoir faire son deuil).

Nora, votre passé d’ancienne croque-mort, et Cécile, votre propension à explorer des genres variés, influencent-ils la manière dont vous traitez la mort et l’invisible dans ce livre ? Diriez-vous que L’été où je suis morte est votre récit le plus personnel sur le rapport à l’indicible ?

Nora : Je pense que mon passé de croque-mort a un impact sur tout ce que j’écris. La mort est totalement différente une fois qu’on a vu « de l’autre côté ». Cela m’a particulièrement servi pour construire le deuil d’Amy, qui est incomplet. Comment pleurer une personne disparue sans savoir ce qui lui est arrivé ?

Cécile : Le deuil et la perte sont des thèmes qui reviennent régulièrement dans mes récits, et c’est peut-être une manière d’apprivoiser l’indicible. C’est toujours compliqué de répondre à ce genre de question car, au bout du compte, on se rend toujours compte qu’on a mis bien plus de nous-mêmes dans nos livres qu’on ne le pensait de prime abord.

Un peu plus léger, quel tube des années 90 nous conseilleriez-vous d’écouter en lisant votre roman ?

Cécile : Chaque chapitre commence par un tube des années 90, alors j’aimerais vous conseiller de tous les écouter, mais s’il ne fallait en choisir qu’un… Pfff… Joker !

Nora : Je pense que Nirvana peut s’écouter en boucle en lisant ce roman ! Particulièrement « Lake of fire » !

Trois mots pour la fin ?

Cécile : Death, sex & sun !

Nora : « Wicked fairies wait ».

Guillot-site
Cécile Guillot
Autrice
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Nora Lake
Autrice

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