Citrouilles, créatures de la nuit… Novembre est à nos portes !
Après une rentrée littéraire solaire, un automne vibrant où la nature a déployé ses parures chatoyantes, nous voici à l’orée de novembre, là où les rêves s’éveillent…
A quelques jours de Samhain, on vous propose de découvrir quatre titres pour frissonner !
Noires sont les âmes perdues d’Oriane Dardres
Avec Noires sont les âmes perdues, Oriane Dardres réinvente le mythe vampirique dans un roman noir aussi envoûtant qu’implacable, porté par une héroïne ambiguë, un suspense haletant et une plongée saisissante dans le Paris meurtri de l’après-guerre.
1919, à Paris. Adèle, jeune arnaqueuse, libère accidentellement un vampire caché dans les catacombes. Pour protéger son frère revenu traumatisé du front, elle se retrouve entraînée dans une spirale de crimes sanglants.
Mais manipuler Isaac, un être consumé par la soif et la solitude, n’est pas sans conséquences, et Adèle va devoir affronter ses propres contradictions…
Dans ce roman, Oriane Dardres détourne les codes traditionnels du récit vampirique pour en explorer les zones les plus sombres et les plus humaines.
Loin du prédateur séduisant et tout-puissant, Isaac apparaît comme un être fragile, prisonnier de sa malédiction, dont la monstruosité se mêle à une profonde détresse. Face à lui, Adèle déjoue les attentes : loin de subir les événements, elle entend en garder la maîtrise, quitte à franchir des frontières morales toujours plus inquiétantes…
La frontière entre les vivants et les morts, entre victimes et bourreaux, entre humanité et monstruosité, se trouble alors au fil d’une intrigue où les arnaques, les manipulations et les crimes entraînent les personnages dans une inexorable descente aux enfers.
Un roman noir où le véritable monstre n’est pas toujours celui que l’on croit !
L’été où je suis morte de Cécile Guillot et Nora Lake
Avec L’Été où je suis morte, Cécile Guillot et Nora Lake tissent un conte gothique et cruel, où la douceur des souvenirs d’été se fissure sous le poids du deuil, des secrets et des légendes macabres. Entre horreur feutrée, mystère surnaturel et émotions à vif, les deux autrices explorent les zones d’ombre de l’adolescence dans une Amérique des années 1990 empreinte de nostalgie.
Août 1995 : Hannah s’évapore dans les bois d’Hollow Pines, en Oregon.
Un an plus tard, Amy revient à Hollow Pines pour la septième année consécutive. Hantée par le vide laissé par son amie et oppressée par un secret qu’elle ne peut plus taire, elle s’allie à Sadie, une adolescente solitaire et taciturne, pour lever le voile sur cette nuit tragique.
Hannah a-t-elle rejoint les fées auxquelles elle croyait tant, ou a-t-elle été victime d’une noirceur bien plus humaine ?
Avec L’Été où je suis morte, Cécile Guillot et Nora Lake revisitent les contes de fées dans leur dimension la plus troublante, où la beauté côtoie la cruauté, et l’émerveillement, l’horreur. Les fées y sont loin d’être toujours bienveillantes, tandis que le folklore ouvre les portes d’un monde inconnu, où croyances enfantines et légendes locales macabres s’entremêlent. Dans une atmosphère de dark cottagecore, la nature perd son caractère idyllique pour devenir un territoire aussi envoûtant que menaçant…
Mais sous les frissons et les apparitions se dessine une histoire profondément humaine, traversée par le deuil impossible, les relations toxiques et les fragilités de l’adolescence. À travers Amy et Sadie, les autrices interrogent la solitude, la culpabilité et la difficulté de trouver sa place, tout en faisant de l’amitié et de l’acceptation des différences de véritables forces de résistance face à l’horreur.
Depuis Les Filles de Witch Hazel House, Cécile Guillot et Nora Lake se sont imposées comme un duo incontournable du paysage de l’imaginaire. De l’union de leurs plumes naît une signature unique : une esthétique douce-amère et onirique, où la mélancolie côtoie la nature. Ensemble, elles tissent des récits d’une grande finesse, là où les secrets les plus sombres s’épanouissent avec délicatesse.
Sans-Seigneur de Christophe Guillemain
Et si, au bout du chemin, le véritable miracle n’était pas le retour des dieux, mais la capacité des hommes à rester humains malgré eux ?
Après L’Enterrement des étoiles et La Morsure des roses, Christophe Guillemain signe avec Sans-Seigneur une fresque de dark fantasy aussi vertigineuse que crépusculaire.
Dans un monde rongé par la corruption divine, les guerres de pouvoir et la désolation, l’auteur compose un récit d’une noirceur saisissante, traversé par une question essentielle : que reste-t-il de l’humanité lorsque les dieux eux-mêmes ne sont plus dignes de confiance ?
Sur une terre de cendres nommée Avernos se dresse le Chaudron, une relique capable de ressusciter dieux et monstres en les corrompant. Alors que rois et fanatiques s’entredéchirent pour s’approprier ce pouvoir, la jeune Denbé, une oracle déchue, est en fuite. Traquée par son ancien amant, qui est aussi l’assassin de sa propre déesse, elle n’a d’autre choix pour survivre que de s’allier à la pire créature de ces contrées hostiles.
Poussée par un destin qui semble hors de son contrôle, Denbé rejoint les chevaliers de la forteresse de Sans-Seigneur dans leur quête folle et désespérée.
Mais la lumière peut-elle surgir d’un tel chaos ?
Avec Sans-Seigneur, Christophe Guillemain s’empare de la mythologie pour en faire une matière vivante, mouvante et profondément inquiétante. Cette uchronie médiévale, affranchie de nos repères historiques et religieux habituels, déploie une cosmologie singulière où la résurrection ne garantit aucun salut et où le sacré lui-même devient une source de terreur. Le merveilleux y perd toute innocence : la magie fascine autant qu’elle menace, les miracles ont un prix et les dieux ne sont pas nécessairement des guides, encore moins des protecteurs.
Derrière la noirceur du décor, c’est l’humanité des personnages qui se trouve au cœur du récit. Fidèle à son style, l’auteur interroge le pouvoir, la mémoire, la foi et la résilience d’hommes et de femmes livrés à eux-mêmes, ou presque. Il brouille avec brio les frontières du bien et du mal, rappelant que les véritables monstres ne portent pas toujours des griffes et que l’humanité peut subsister quand tout a été détruit.
Épique sans sacrifier l’intime, sombre sans renoncer à l’espoir, Sans-Seigneur est une plongée dans une fantasy où les dieux ne sauvent plus les hommes et où les monstres peuvent encore leur ressembler.
Apostasie de Vincent Tassy
Avec Apostasie, Vincent Tassy nous entraîne dans un univers de gothique flamboyant où la beauté se pare de cruauté, où les légendes dévorent ceux qui s’y abandonnent et où le désir d’échapper au réel peut conduire aux abîmes les plus vertigineux.
Entre romantisme noir, vampirisme et fantasy macabre, le roman déploie une atmosphère envoûtante, traversée par une mélancolie profonde et une poésie vénéneuse. Une œuvre singulière, où la quête de l’absolu se confond peu à peu avec la perte de soi.
Anthelme, étudiant désabusé, quitte la fadeur du monde pour la Sylve Rouge, une forêt aux arbres écarlates. Dans ce labyrinthe de racines et de branches veineuses où le jour n’apparait jamais, la nature vibre d’une force nocturne éternelle. Mais alors qu’il pensait percer les mystères de ce lieu étrange, il y rencontre Aphelion, un buveur de sang spectral qui règne dans la sylve sur un donjon de roses blanches où il tisse des légendes pour capturer des âmes égarées…
Avec Apostasie, Vincent Tassy revendique l’héritage du romantisme noir et de la littérature gothique, renouant avec une tradition où les châteaux inquiétants, les forêts impénétrables, les amours impossibles et les créatures maudites composent les paysages d’une âme en perdition.
On y retrouve l’ombre de Sheridan Le Fanu et de Bram Stoker, mais aussi l’influence des romantiques et des écrivains décadents, dans une œuvre qui préfère la fascination trouble à l’effroi facile. Le vampire y retrouve sa dimension originelle : mystérieux, sensuel, dangereux, profondément mélancolique. Loin d’une figure simplement monstrueuse ou romantisée, il incarne une existence suspendue entre désir et destruction, puissance et solitude, immortalité et nostalgie de la vie perdue.
Un roman pour celles et ceux qui aiment les forêts hantées, les immortels tourmentés, les contes cruels et les récits dont l’étrangeté persiste longtemps après la dernière page !
Alors, prêts à franchir le voile entre les mondes ?
Entre ténèbres et lumières, arpentez avec nous les contrées de l’imaginaire à la Samhain !








