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27 août 2026

Trois raisons de lire La Circonférence du monde

Actualité
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Et si un livre avait le pouvoir de réécrire la réalité ?

Le 16 septembre, découvrez La Circonférence du monde de Lavie Tidhar, une œuvre singulière qui entremêle science-fiction, roman noir et métafiction.
Entre hommage aux pulps et quête existentielle, voici trois bonnes raisons de vous laisser happer !

Un jeu d’abîme fascinant autour du livre disparu

Au cœur de l’intrigue se trouve Lode Stars, un roman de science-fiction légendaire écrit par un certain Eugene Charles Hartley, auteur de pulp devenu fondateur d’une étrange religion. Le problème ? Ce livre s’efface de la mémoire ou disparaît physiquement dès qu’on le lit. En suivant une galerie de personnages obsédés par sa recherche – Delia, l’épouse d’un mathématicien mystérieusement disparu, Daniel, un jeune libraire atteint de prosopagnosie et Oskar Lens, un truand en pleine crise existentielle -, Lavie Tidhar orchestre une véritable chasse au trésor littéraire où la frontière entre la réalité et la fiction s’efface.

Chacun y poursuit donc quelque chose qui lui échappe – et chacun projette sur Lode Stars ses propres peurs, ses propres espoirs et ses propres obsessions. Inspiré notamment par le roman Death Sentences du Japonais Chiaki Kawamata, où un poème agit comme une drogue sur ses lecteurs, ce livre-fantôme devient une énigme fascinante qui remet en cause le réel. L’auteur en profite également pour faire de ce récit un hommage vibrant aux librairies perdues et au monde disparu des collectionneurs de Charing Cross Road à Londres.

Un hommage vibrant à l’âge d’or de la science-fiction

Si vous aimez les vieux pulps, les couvertures improbables, les fusées argentées, les civilisations extraterrestres et les auteurs qui promettaient aux lecteurs de leur révéler les secrets de l’univers, La Circonférence du monde est faite pour vous !

Lavie Tidhar ne se contente pas de raconter une histoire de science-fiction : il recrée tout un imaginaire. Le roman revient notamment sur la période où la SF américaine s’est structurée autour de ses auteurs, de ses magazines et de ses communautés de lecteurs. Eugene C. Hartley, l’auteur fictif de Lode Stars, évolue ainsi dans un monde où apparaissent des figures historiques de la SF comme Robert Heinlein et John W. Campbell.
Le procédé est particulièrement amusant car Tidhar joue avec les codes de cette littérature jusque dans la forme. Des passages de Lode Stars sont intégrés au roman, comme si le mystérieux livre existait réellement sous nos yeux.

De plus, le choix du personnage d’Eugene C. Hartley n’est évidemment pas un hasard. Son parcours évoque directement celui de L. Ron Hubbard, écrivain de science-fiction devenu fondateur de la Scientologie. Tidhar transforme ainsi cette figure historique en personnage de fiction et imagine ce qui se serait passé si un auteur de pulp avait réellement découvert – ou cru découvrir – les secrets de l’univers.

Avec ce roman, Lavie Tidhar rend un hommage jubilatoire et savoureux à la SF des années 1950-1960 !

Une réflexion vertigineuse sur la nature du réel

Et si ce que nous appelons « réalité » n’était qu’une construction ?

À travers sa structure polyphonique qui alterne les points de vue et les extraits du Lode Stars dans le roman, l’ouvrage interroge nos perceptions. Sommes-nous les acteurs de notre propre vie ou de simples souvenirs reconstitués au fond d’un trou noir sous l’œil d’un créateur ?
Eugene C. Hartley est-il un génie qui a découvert quelque chose d’inconcevable ? Ou un manipulateur qui a compris qu’une bonne histoire pouvait devenir une croyance ?

Derrière les trous noirs, les gangsters, les livres impossibles à retrouver et les théories cosmologiques, La Circonférence du monde parle également de quelque chose de très humain : notre besoin de donner du sens au monde.
Le roman explore ainsi la frontière extrêmement poreuse entre fiction, foi et réalité. Une idée peut naître dans l’imagination d’un écrivain et finir par transformer la vie de ceux qui la prennent au sérieux. Une histoire peut devenir une religion. Un livre peut devenir un objet de culte. Et une fiction peut finir par avoir des conséquences parfaitement réelles.

C’est une réflexion particulièrement pertinente dans un monde où nous passons notre temps à fabriquer, partager et croire des récits.

Mêlant roman noir londonien et space-opera rétro, Lavie Tidhar signe avec La Circonférence du monde un hommage brillant à l’Âge d’Or de la SF américaine. En s’inspirant du parcours de L. Ron Hubbard, il nous offre une réflexion fascinante sur la frontière poreuse qui sépare la fiction, la foi et la réalité.

Alors, si vous aimez les livres qui mélangent les genres et qui continuent à faire travailler votre imagination une fois la dernière page tournée, voici sans doute une bonne raison de suivre Lavie Tidhar jusqu’au bout de son étrange voyage !

Après tout, et si le livre que vous êtes en train de lire était lui aussi en train de réécrire votre réalité ?

Lavie Tidhar Portrait Shoot
Lavie Tidhar
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