Mnémos reprend le flambeau des avenirs désirables et réédite l’anthologie emblématique Solarpunk, précédemment sortie chez Les Moutons électriques.
Avec ce manifeste littéraire qui n’a jamais été aussi nécessaire, plumes francophones et voix du monde entier imaginent le futur autrement !
Découvrez aujourd’hui, notre entretien avec JM Corrèze, auteur de la nouvelle, Serveur autonome pour la sauvegarde de l’habitat alpin.
Si vous deviez expliquer le Solarpunk à quelqu’un qui n’en a jamais entendu parler, comment le définiriez-vous en quelques mots ?
Pour moi le Solarpunk est un genre fictionnel qui propose des récits d’espérance et de sortie de crise, prenant place dans des futurs positifs, en particulier au niveau écologique.
Qu’est-ce qui, selon vous, rend le Solarpunk incontournable de nos jours ?
Cnews.
Blague à part, chercher des échappatoires positives au capitalisme colonial et patriarcal me semble chaque jour un peu plus nécessaire si l’on veut commencer à sauver le monde plutôt que le détruire. On ne peut plus se permettre d’accepter le futur proposer par les élites bourgeoises, il est temps d’agir. Une façon pour les auteurices d’agir est de proposer des récits alternatifs.
Le Solarpunk est souvent perçu comme une réponse optimiste au Cyberpunk ou au Post-apo. Pour vous, l’écriture d’une nouvelle solarpunk est-elle un acte de résistance face au « catastrophisme » ambiant, ou s’agit-il avant tout d’une exploration esthétique de nouvelles utopies ?
Un peu des deux.
L’écriture est toujours une exploration du fond comme de la forme.
Avec un texte Solarpunk je vais donc à la fois rechercher une certaine ambiance, jouer avec les codes d’une science-fiction explorant des énergies propres ou des sociétés plus justes, mais également, à travers l’espoir, l’égalité, l’écologie, venir questionner et m’opposer au récit catastrophique plus courant, voire dominant.
On dit souvent que le Solarpunk est le genre de l’espoir. Est-ce que l’écriture de ce texte a changé votre propre regard sur l’avenir ? Pensez-vous que cela vous aide à lutter contre l’éco-anxiété ou le pessimisme ambiant ?
Oui.
Le travail d’écriture d’une nouvelle/d’un texte Solarpunk force à trouver des solutions, des propositions ou des fonctionnements positifs, égalitaires, plus justes. On ouvre ainsi le champs des possibilités. On défend la conviction que de meilleurs lendemains sont possibles. On est dans l’action, dans le « faire », et je trouve que cela soulage toujours l’anxiété face à l’avenir.
Au-delà du plaisir de la lecture, qu’aimeriez-vous que les lecteurs retiennent une fois le livre refermé ?
J’espère convaincre qu’il n’y a pas de fin prédestinée pour l’humanité, que l’on peut inventer un monde après le capitalisme, et que ce monde vaut la peine qu’on lutte pour lui.
Comment résumeriez-vous votre nouvelle ?
Intelligence artificielle, écologie réparatrice et randonnée forestière (bon c’est plus des thèmes que des mots haha).

